AUTOBIOGRAPHICAL NOTES (Version française ci-dessous)

I was born, if one can believe my parents and the competent authorities, on October 31, 1937 in Santiago, Chile. My father, Edmundo Reyes Zárate, was strongly opposed to school and I started my studies at the advanced age of 8, entering the primary school of the Liceo de Hombres de Copiapo directly in the fourth grade and at the end of the academic year. It would seem that the fact that a stone hit my head with spectacular results, while participating in a fight of street gangs, did something to convince him that some dangers were still worse than school. By the way, my father was a teacher just like my mother, Olga Cavada Ebel. They taught English and French, respectively. After seven years, the happiest of my childhood in this city in the middle of the Atacama’s Desert, I finished my secondary studies at the Insituto Nacional in Santiago, obtaining the degree of Bachiller en Humanidades in 1953.
Gonzalo

Some years of studies in electrical engineering at the School of Engineering convinced me that my road laid elsewhere. In fact, I discovered the charms of mathematics, thanks to an excellent teacher, don Domingo Almendras. I quitted this school in 1957 to pursue studies in mathematics and philosophy at the same university (Instituto Pedagógico and Centro de Investigaciones Matemáticas, an organism that had just been created). After the Purgatory of the Escuela de Ingenieria, I had finally entered the heavenly realm of passionate studies and discussions…and of the bohemia, rite of passage obligatory for the intelligentsia of the country. In 1961, I received the diploma of Licenciado en Matematicas con Distincion Unanime, the third purely academic degree delivered in mathematics in Chile. If truth should be told, this degree was not a professional degree, nobody knew what was good for and I remember the sadness of my family when I got it.

After obtaining a Fullbright scholarship, I left for the University of Calfifornia at Berkeley in 1961, where I studied mathematics and philosophy, obtaining the Ph.D. in Logic and Methodology of Sciences in 1967. I must confess that in spite the aura that this university had obtained as the Mecca of logic at the time, and the richeness and confusion of the 60’s that marked me for the rest of my life, I found the years spent at Berkeley rather painful. Compared to Santiago in that period, San Francisco cut a figure of a poor relative. I had met Allen Ginsberg in Santiago and I had made myself a grandiose idea of the cultural and bohemian life that I would enjoy in that city…

My stay in Berkeley left me with but one certitude: I did not want to remain in the States. But I did not want to return immediately to Santiago as I thought that I could not continue there the researches opened up by my thesis. In the middle of these existential problems, I had the good fortune of receiving an invitation as research assistant in the department of mathematics of the Université de Montréal. I arrived at Montreral just in time to see the last days of Expo 67, the year that Montréal opened up to the world. The rest is an “histoire d’amour” with a fascinating, multicultural city and an amazing young lady who became my wife, the mother of Luis-Emilio and the grandmother of Carl-Emil and Philip-Emmanuel. But this is another story. After all these years, the loop was finally closed: I had returned to Latin America, to this Quebec which, dazzled as it is by the United States and France, has turned his back on this latin american reality. A reality so much decried, but that has been at the vanguard in several domains and that has given us a literature celebrated in the whole world.

G+A+L

All my career took place at the Université de Montréal: assistant professor (68-73), associate professor (73-79), full professor (79-2002, year of my retirement). I am thankful to the university for the intellectual freedom that I enjoyed and that allowed me to follow a variety of subjects, as the page of publications shows, either in Montreal itself or in different places throughout the world, during my sabbatical years or extended visits.

At present, I continue my studies in mathematics, specially Synthetic Differential Geometry and I started some studies in physics (Relativity), thus renewing with some of the first loves of my youth.


NOTES AUTOBIOGRAPHIQUES

Je suis né, si l’on en croit mes parents et les autorités compétentes, le 31 octobre 1937 à Santiago du Chili. Mon père, Edmundo Reyes Zárate, était farouchement opposé à l’école et je ne commençai donc mes études qu’à l´âge mûr de 8 ans, en faisant mon entrée, à la fin de l´année scolaire, en 4e primaire au Liceo de Hombres de Copiapó. Il semblerait que le fait de recevoir une pierre à la tête avec des résultats spectaculaires dans une lutte de gangs de rue l’a convaincu que certains dangers étaient encore pires que l’école. Entre parenthèse, mon père était enseignant tout comme ma mère, Olga Cavada Ebel. Ils enseignaient l’anglais et le français respectivement. Après sept années, les plus heureuses de ma jeunesse, passées dans cette ville au milieu du désert d’Atacama, j’ai fini mes études secondaires à l’Instituto Nacional de Santiago, en obtenant le diplôme de Bachiller en Humanidades en 1953.

Quelques années d’études de Génie électrique à la Escuela de Ingeniería de la Universidad de Chile suivirent. J’y découvris le charme des mathématiques, grâce à un excellent professeur, don Domingo Almendras. J’ai quitté cette école en 1957 pour poursuivre des études de mathématiques et philosophie à l’Instituto Pedagógico et au Centro de Investigationes Matemáticas, un organisme nouvellement créé; ces deux institutions faisaient également partie de l’Université du Chili. Après le purgatoire de la Escuela de Ingeniería, j’étais finalement au paradis des études passionnantes et des discussions passionnées de la bohemia santiaguina, passage obligatoire de l’íntelligentsia du pays. En 1961, je reçus le diplôme de Licenciado en matemáticas avec Distinción Unánime. Je devenais ainsi la troisième personne à obtenir un degré purement académique en mathématiques au Chili. Ce degré n’était pas un degré professionnel et personne n’en connaissait l’utilité. Je me souviens de la tristesse de ma famille lorsque je l’obtins.

À la suite de l’obtention d’une bourse Fullbright, je suis parti pour l’Université de Californie à Berkeley en 1961 où j’ai fait des études de mathématiques et de philosophie, obtenant le Ph.D. en logique et méthodologie des sciences en 1967. Je dois confesser que, malgré l’aura de cette université qui était la Mecca de la logique au moment de mes études et malgré la richesse et la confusion des années 60 qui m’ont marqué à jamais, j’ai trouvé les années passées à Berkeley plutôt pénibles. Comparée à Santiago, San Francisco à l’époque faisait figure de parent pauvre. J’avais rencontré Allen Ginsberg à Santiago et je m’étais fait une idée démesurée de la vie culturelle et de la super bohème que j’étais pour vivre dans cette ville…

Après mes études à Berkeley, je n’avais qu’une seule certitude: je ne voulais pas rester aux États-Unis. Fallait-t-il donc retourner au Chili, avant de terminer les recherches ouvertes par ma thèse? Au milieu de ces angoisses existentielles, j’ai eu la chance de recevoir une invitation comme attaché de recherches à l’Université de Montréal où je suis arrivé pour voir les derniers jours d’Expo 67. Le reste est une histoire d’amour avec une ville multiculturelle fascinante et une jeune fille étonnante qui est devenue ma femme, la mère de Luis-Emilio et la grand-mère de Carl-Emil et Philip-Emmanuel. Mais ceci est une autre histoire … Après toutes ces années, la boucle était fermée: je revenais en Amérique Latine, dans ce Québec, qui, obnubilé par la France et les États-Unis, en oubliait cette appartenance. Il tournait le dos à cette réalité latino-américaine tant décriée, mais qui a été à l’avant-garde dans plusieurs domaines et qui nous a donné une littérature célébrée dans le monde entier.

Toute ma carrière s’est déroulée à l’Université de Montréal, au département de mathématiques: professeur adjoint (68-73), agrégé (73-79), titulaire (1979-2002, année de ma retraite). Je dois remercier cette université pour la possibilité qu’elle m’a donné de diversifier mes intérêts (comme le prouve la page des publications) soit à Montréal, soit dans plusieurs endroits à travers le monde pendant des années sabbatiques et des séjours prolongés.

A présent, je continue mes travaux de mathématiques, notamment en Géométrie différentielle synthétique et j’ai commencé des travaux en physique (Relativité), renouant ainsi avec mes amours de jeunesse.

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